Mobilisation agricole : rendez-vous à Strasbourg le 20 janvier

Reims La Marne Agricole Rendez-vous à Strasbourg le 20 janvier Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, et le secrétaire général Hervé Lapie ont présenté leurs vœux à la presse le 8 janvier à Paris. L’occasion pour les responsables syndicaux d’annoncer une manifestation à Strasbourg le 20 janvier.
Hervé Lapie et Arnaud Rousseau appellent à une nouvelle mobilisation à Strasbourg. ©Actuagri

Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, et le secrétaire général Hervé Lapie ont présenté leurs vœux à la presse le 8 janvier à Paris. L’occasion pour les responsables syndicaux d’annoncer une manifestation à Strasbourg le 20 janvier.

Reims La Marne Agricole Rendez-vous à Strasbourg le 20 janvier Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, et le secrétaire général Hervé Lapie ont présenté leurs vœux à la presse le 8 janvier à Paris. L’occasion pour les responsables syndicaux d’annoncer une manifestation à Strasbourg le 20 janvier.
Hervé Lapie et Arnaud Rousseau appellent à une nouvelle mobilisation à Strasbourg. ©Actuagri

Dans l’esprit des dirigeants de la FNSEA, il ne fait plus guère de doute que le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur va être validé et entériné le 12 janvier prochain. L’Italie qui était un des précieux soutiens de la France contre le Mercosur « est en train de nous lâcher et nous n’aurons plus de minorité de blocage », a indiqué Arnaud Rousseau lors de la conférence de presse de rentrée. « Si le Comité des représentants permanents qui réunit les 27 ambassadeurs le 9 janvier se prononce pour le Mercosur, alors nous appellerons à manifester le 20 janvier prochain à Strasbourg pour faire pression sur les eurodéputés », a précisé, le secrétaire général Hervé Lapie. L’objectif est que les eurodéputés puissent voter la saisine de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE). Ce qui permettrait de suspendre, le temps que la CJUE rende son verdict, le traité du Mercosur. Encore faut-il que la présidente du Parlement européen et les présidents de groupe inscrivent le 15 janvier cette saisine à l’ordre du jour des débats de la prochaine plénière qui se tiendra les 19, 20 et 21 janvier et que les eurodéputés l’adoptent à la majorité simple soit au minimum 361 voix sur 720. « Si saisine il y a, nous aurons gagné un délai d’au moins un an », a estimé Arnaud Rousseau. Cette manifestation qui sera coordonnée par le COPA* devrait rassembler plusieurs milliers d’agriculteurs, y compris des Italiens et peut-être les Allemands du Deutscher Bauernverband (DBV) qui ont été assez discrets jusqu’à présent.

Logiciel et présidentielle

Ces vœux à la presse ont été l’occasion de revenir sur les dossiers nationaux. « Nous avons des attentes fortes et nous attendons des actes », a indiqué Hervé Lapie, impatient comme Arnaud Rousseau de connaître le calendrier des actions à venir promis par le Premier ministre lors de la rencontre avec la FNSEA le 6 janvier. Celui-ci doit être rendu public par Matignon le 9 janvier comme Sébastien Lecornu s’y est engagé. Dénonçant la triple crise qui affecte le secteur agricole (crise de vision, crise économique et crise de la parole publique), Arnaud Rousseau entend « construire un projet pour l’agriculture ». Ses équipes sont à la manœuvre pour bâtir un rapport d’orientation qui doit « permettre le changement de logiciel à l’occasion de la prochaine élection présidentielle », a-t-il précisé. Ce rapport sera porté auprès des candidats qui les reprendront ou non à leur compte. En attendant ce congrès électif qui se déroulera les 31 mars, 1er et 2 avril à Caen, la FNSEA espère faire déposer une loi d’exception agricole. Après un rendez-vous avec le ministre chargé des relations avec le parlement, la présidente de l’Assemblée nationale et celui du Sénat**, la FNSEA espère trouver un créneau parlementaire et déposer le texte pour « faire avancer les dossiers ». L’exaspération était d’ailleurs palpable quand les deux dirigeants syndicaux ont évoqué les « absurdités » du système sur la question de la directive nitrates ou encore la gestion de l’eau. Plus que jamais, « nous, l’agriculture, les agriculteurs et les agricultrices, sommes à la croisée des chemins », a résumé Arnaud Rousseau.

(*) Comité des organisations professionnelles de l’Union européenne

(**) Respectivement Laurent Panifous, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher

Christophe Soulard

 

Administration : un système à la dérive

« Même les fonctionnaires n’en peuvent plus et commencent à s’y perdre » a indiqué Hervé Lapie en citant la directive Nitrates. Revue tous 4 à 5 ans, elle en est aujourd’hui à son septième programme. « On nous impose toujours plus de contrôles et de contraintes, avec des dates qui ne correspondent en rien à la réalité du terrain », a-t-il fustigé. Lui-même en tant qu’éleveur porcin est contraint pour respecter la réglementation d’acheter des solutions azotées à l’étranger pour fertiliser ses sols.

Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a quant à lui cité l’exemple de la ligne à grande vitesse d’Occitanie. La construction de cet ouvrage d’art ouvre droit à compensation pour les terres agricoles préemptées. Décision a été prise d’effectuer une réserve d’eau multi-usage, notamment pour l’irrigation et la lutte contre l’incendie. La Chambre d’agriculture a indiqué vouloir verser une subvention pour la construction de cette réserve. Les services publics concernés ont opposé un refus catégorique considérant que les fonds de la Chambre d’agriculture ne peuvent financer que des projets agricoles. « Dans les Pyrénées-Orientales, il est tombé environ 400 mm d’eau récemment après trois ans de sécheresse et en raison des dossiers bloqués, pas un seul mètre cube n’a pu être stocké » s’est agacé Hervé Lapie.