Réchauffement ou changement climatique ?

“On est d’abord sur un effet de serre, que nous renforçons avec nos émissions de Co2. Nous faisons ainsi grimper la température, il s’agit donc bien d’un réchauffement climatique, mais qui a des conséquences en matière de sécheresse, en matière de phénomènes météo parfois extrêmes, en matière de comportement de la végétation… Il s’agit donc bien d’un réchauffement, qui cause des dérèglements climatiques”, explique Louis Bodin.

Nicolas Richet rebondit : “Au Comité Champagne, nous avons plus d’une quarantaine de stations météo sur l’ensemble de l’appellation, dont les plus anciennes datent de 1961. Elles nous permettent de recueillir énormément de données. Ainsi, nous savons que les températures moyennes étaient de l’ordre de 10 degrés dans les années 1960 et qu’elles ont augmenté, en moyenne, de 2,5 degrés sur les années 2020.” Le spécialiste poursuit : “Ce réchauffement climatique a un impact sur la phénologie de la vigne, avec des conséquences problématiques : débourrement de plus en plus précoce, gelées printanières avec, c’est important de le rappeler, 38 % des bourgeons détruits en 2026 sur l’AOC. Cette précocité touche aussi la floraison et la vendange. Historiquement, nous étions sur une moyenne décennale de l’ordre de 83 jours entre les étapes floraison et vendange. Cette année 2026, tous les records ont été battus avec 74 à 76 jours.”